Tutoriel Photographier sans ombre partie 2 sur 3

Dans cette leçon nous allons étudier ensemble tous les principes qui vous permettront de mieux comprendre et maîtriser votre appareil photo. Cette leçon s’adresse principalement à ceux qui ne connaissent pas ou peu leur appareil photographique ; un petit icône vous préviendra des notions un peu plus avancées. Je vous souhaite une très bonne lecture ! (ne manquez pas de suivre la leçon précédente si vous ne l’avez pas fait).

Assurer votre stabilité

Travailler sur un pied-photo vous donne l’assurance d’avoir des photos nettes (tout du moins sans flou de bougé). Cette stabilité de prise de vue vous permettra également de soigner votre composition pour que celle-ci se rapproche au maximum de votre cadrage définitif.

Travailler sur pied vous assure également la reproductibilité de vos angles de prise de vue et vous sauve le coup si vous avez oublié un paramètre et que vous devez recommencer la photo. Ainsi stabilisé, vous pourrez reproduire facilement la prise de vue avec un angle et un cadrage qui vous plaisait.

En vertu de cela, ne touchez pas à votre installation (ne modifiez pas la position du pied ni de la boîte à lumière et de son dispositif d’éclairage) avant d’avoir eu l’assurance que vos visuels sont réussis. Cela paraît un conseil simple à donner et pourtant même en le connaissant, il m’arrive encore parfois de faire cette erreur.

Je n’ai pas vraiment de solution toute faite pour remplacer un pied avec un bricolage maison. Cela me paraît un accessoire relativement indispensable si vous vous lancez dans des séries de photos. Il existe des pieds à tous les prix, du moins onéreux à la tête fluide à branches en fibre de carbone. Sachez choisir le vôtre.

Prise de vue

Maîtrisez les bases : Travaillez dans le mode qui vous donnera la meilleure qualité (la qualité Jpeg la moins compressée) et la plus grande taille en terme de pixels. Sur un reflex Nikon choisissez le réglage FINE, sur un reflex Canon, recherchez le réglage L (comme Large). Le travail de post-production (c’est-à-dire de filtrage de votre photo) sera ainsi moins destructif.

Pour aller un peu plus loin : les utilisateurs les plus avancés travailleront en RAW. Cette solution est toutefois réservée aux boîtiers reflex et non à la plupart des compacts. Si vous avez la chance de disposer d’un tel appareil, c’est un format à privilégier. Ce format offre la possibilité de régler en post-production (sur votre ordinateur) la balance des blancs, la température de couleur, l’exposition, la saturation, la réduction de bruit et le réglage fin de netteté ou encore les aberrations chromatiques. C’est le format que j’ai utilisé lors des prises de vue test de la leçon précédente.

[notice]Pour information, Le RAW est au numérique ce que le négatif était à la photographie argentique. Le format RAW vous donne image la plus proche possible du rendu de votre capteur. Aucune opération de correction ni de compensation n’a encore été établie. C’est à vous de les choisir selon le rendu que vous désirez avoir, avec une souplesse et une latitude de développement insoupçonnées. NE vous fiez pas au rendu un peu pâle et moins flatteur de vos photos sur votre écran : n’oubliez pas que vous êtes avant traitement ! Dans la plupart des cas, le format RAW est le format utilisé par les Pros.[/notice]

L’inconvénient est qu’il nécessite un logiciel supplémentaire pour le traiter correctement et qu’il pèsera plus lourd sur votre carte mémoire. Nous étudierons cela lors de la 3e leçon, et vous verrez qu’il existe de nombreuses solutions, même dans le domaine open-source.

Choisissez votre objectif

Maîtrisez les bases : placez un peu loin votre appareil photo et zoomez plutôt que de vous rapprocher et de dézoomer. Si je grossis le trait, je pourrais également dire que votre objet sera plus valorisé s’il est regardé à travers une paire de jumelle que dans un juda de porte (avec l’effet de fuite des perspectives)

Pour aller un peu plus loin : En d’autres termes, préférez un petit télé-objectif à un grand angle. Travaillez avec un objectif compris entre 50mm et 80mm (si vous avez un capteur full-frame, vous devrez évoluer entre 75mm et 120mm, mais que faites-vous sur mon tuto avec un tel appareil ? :-).

Réglage de votre appareil

2cran lcd de l'appareil photo
Maîtrisez les bases : Travailler en mode Auto la plupart du temps représenté par la couleur verte. Assurez vous bien que votre appareil mesure la lumière sur l’objet photographié et non sur le fond (ce qui pourrait fausser la mesure). Dans tous les cas, veillez à ce que l’objet soit bien net sur toute sa surface en regardant une photo « test » sur l’ordinateur. Si vous rencontrez des soucis d’exposition, il faudra rechercher la mesure de la lumière dite « Spot » et viser votre objet, ou faire joujou avec les réglages manuels à partir des résultats que vous donnera votre cellule. C’est le seul moyen de vous en sortir correctement.

Pour aller un peu plus loin : Travailler en priorité ouverture (Sur un reflex Nikon choisissez le réglage A comme Aperture, sur un reflex Canon, recherchez le réglage Av) et assurez-vous que le réglage du diaphragme convienne à la profondeur de champ et régler le couple vitesse/ouverture de manière à avoir un rapport satisfaisant.

Voici quelques points qu’il faudra également surveiller si vous voulez aller un peu plus loin

ISO :
la mesure ISO exprime une échelle de mesure de la sensibilité des surfaces sensibles (wikipédia). Cette échelle se nommait ASA au temps où nous achetions de la pellicule (1 ASA = 1 ISO). Si votre appareil est configuré en mesure automatique, il va augmenter la valeur ISO de la prise de vue dès lors que la quantité de lumière nécessaire à une exposition correcte est trop faible. Pour un meilleur rendu photographique, mieux vaut se cantonner à une valeur ISO basse (entre 200 ISO et 600 ISO) pour éviter ce que l’on appelle la montée de grain ou de bruit numérique. Tous les appareils ne sont pas égaux devant ce phénomène et à valeur de réglage égal, certains boîtiers seront bien meilleurs que d’autres.

Bruit numérique d'un boitier à 1600

A focale et réglage ISO égal, voici la différence de rendu entre deux boitiers. On remarque que celui de gauche est plus "moucheté". C'est ce que l'on nomme le bruit numérique

Vitesse :
Le réglage de vitesse vous permet de « geler » ou non, un mouvement. Nous n’allons pas nous servir de cette capacité dans ce cas précis, mais il s’agit de vérifier qu’il est suffisant pour éviter par exemple un flou de bougé lorsque vous appuyez sur le déclencheur de votre appareil. Si vous travaillez tout de même à main levée, veillez à ce que la vitesse soit l‘inverse de la distance focale de l’objectif. Pour un objectif 50mm, travaillez à une vitesse supérieure à 1/50e, pour un objectif 80mm, travaillez à une vitesse supérieure au 1/80e, etc. C’est un petit moyen mnémotechnique simple pour éviter le flou de bougé.

Ouverture :

L’ouverture a ici son importance, car elle gère également la profondeur de champ. Plus élevé sera le chiffre de votre diaphragme et plus grande sera votre profondeur de champ. Concernant l’exposition et la maîtrise de votre diaphragme (enfin pas le vôtre, plutôt celui de votre appareil), vous pouvez également miser sur le correcteur d’exposition si votre appareil en dispose d’un.

Indice exposition noté EV IL ou AE

Recherchez sur votre boitier les mentions EV, IL ou AE et utilisez les en sur-exposant de 0.5 à 1 valeur de diaphragme pour rattraper la mesure de la cellule qui se laisse abuser par la grande surface blanche de votre cyclorama (soit -0.5 ou -1 IL, EV ou AE). Si vous avez toujours considéré ce petit réglage avec beaucoup de circonspection (tout comme moi avec mes premiers boitiers), c’est le moment de l’utiliser !

Profondeur de champ :
Concernant la profondeur de champ, l’idéal est d’avoir l’objet net sur toute sa surface et un arrière-plan flou (pour masquer d’éventuels défauts du papier de fond). Travailler de façon empirique en faisant des essais préalables (sauf si vous avez des abaques de profondeur de champ qui correspondent à votre objectif). A choisir et si vous n’arrivez pas à régler la profondeur de champs, assurer vous de travailler avec une valeur de diaphragme élevée (f/8, f/11 ou f/16).

Etude de la profondeur de champ

Balance des blancs

Maîtrisez les bases : si vous travaillez en jpeg, il est vraiment intéressant que votre balance de blanc soit bien réglée. Choisissez le réglage Auto de votre appareil qui est en général probant. Si vous travaillez sur des températures de couleur extrêmes (les lampes dont vous disposez ont un rendu jaune ou magenta par exemple) il sera alors impératif de régler votre appareil correctement ou de choisir des ampoules au rendu plus normalisé (certaines fluo-compactes sont dites par exemple « lumière du jour »). Il n’y a malheureusement pas vraiment de moyen d’envisager les choses plus simplement dans ce domaine-là. Vous pourrez éventuellement vous en sortir par la voie logiciel, mais cela sera moins fidèle que si vous aviez réglé votre appareil correctement à l’origine.

Conséquences sur le mauvais réglage d'un boitier face à la température de couleur

La photo ci-dessus illustre ce phénomène : l'image de gauche est l'image témoin qui a sciemment été prise avec un mauvais réglage de température de couleur (réglage 'lumière artificielle' dans un environnement 'lumière du jour'). Les images suivantes montrent la correction que l'on peut mener dans Photoshop à partir d'une image jpeg, et les corrections qui ont été menées dans camera RAW à partir d'une image RAW. Je vous laisse juge du meilleur rendu !

Pour aller un peu plus loin : Si vous travaillez en RAW, un mauvais réglage est un peu moins catastrophique, même si la dérive colorimétrique de votre objet sera moins importante si vous avez un bon réglage de base. Si la couleur des objets à une importance toute particulière, il peut être intéressant de travailler avec une charte colorimétrique qui comporte les couleurs de base : noir, blanc et gris. On appelle justement cet outil de réglage une charte de gris neutre qui comporte une valeur de gris à 18% (valeur dont se sert le posemètre de notre appareil pour mesurer la lumière). Ces valeurs vont nous aider à calibrer finement la balance des blancs en production et en post-prodution (sur photoshop par exemple) et obtenir par voie de conséquence une bonne reproduction des couleurs.

Vous pourrez trouvez des explications complémentaires en lisant la notice du digigrey (tout est bien expliqué sur le site donc je ne m’étendrai pas dessus) ou encore la Qpcard.


Ne manquez pas de consulter

La photographie sans ombre pour tous – Partie 01|03 : La boîte à lumière

A suivre…

Dans la prochaine leçon, nous étudierons ensemble
Des conseils de post-production pour optimiser au mieux vos images sur GIMP (open source) et Photoshop

N’hésitez pas à commenter cet article. Je vous répondrai dès que possible

3 réponses
  1. ALBERTINI
    ALBERTINI dit :

    Vraiment très intéressant et utile. Je fais des photos de bijoux.
    Pour avoir un rendu à la fois « artistique » et sans reflets mais avec une ombre, ce n’est pas facile.
    Merci !

    Répondre
  2. Andesite formation
    Andesite formation dit :

    « Tuto » Très intéressant, les points importants sont bien abordés et surtout de façon très claire ! surtout un billet intemporel

    Répondre
  3. béné
    béné dit :

    Merci beaucoup pour ces explications….
    La profondeur de champ va changer ma vie… enfin surtout celles de mes photos… jamais simple tout ça.

    J’ai hâte de découvrir le dernier article

    Répondre

Ajouter un commentaire

Rejoindre la discussion?
N'hésitez pas à contribuer !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *