J’ai hésité longtemps à faire cet article, car je n’aime pas m’ériger en censeur, et je n’ai pas la prétention d’être irréprochable dans mon activité (même si j’essaye de l’être de toutes mes forces).  Je travaille parfois avec des chartes graphiques que mes clients ont fait développer avant de me rencontrer. Aucune ne rejoint la médiocrité des logos que je décris ci-dessous, mais il est toujours intéressant de savoir ce qu’il convient de faire et ne pas faire.

J’ai ‘commis’ les divers exemples qui émaillent cet article. Je vous avoue avoir eu un peu de plaisir à « créer » ces logos, mais c’est un plaisir coupable, car je ne me sens finalement pas à l’aise d’avoir accouché de tous ces trucs ; j’espère (j’en suis sûr à vrai dire) ne jamais servir cette tambouille à mes clients (pouah !).

1

| Logo de luxe

Ce premier modèle a motivé l’écriture de cet article : j’ai en effet entendu cette remarque lors des sessions de jury à Aries : « j’ai ajouté du doré pour exprimer le luxe »….et une grosse horloge de gare autour du cou et une liasse de billet sur la limo pour le même résultat ai-je eu envie d’ajouter. Je suis moqueur et je m’en excuse, mais je suis sûr que vous me comprendrez : l’or n’est pas une façon d’exprimer le prestige d’une marque.

Conseil de graphiste : jouez la sobriété : même la carte Visa Infinite ou l’American Express Platinum sont de couleur….grise !

2

| Logo inapproprié

Je me suis inspiré d’un cabinet de comptabilité pas très loin de chez moi pour ce logo, mais de très nombreux exemples encore plus explicites sont disponibles sur la toile.

Conseil de graphiste : tournez et retournez votre logo dans tous les sens et validez sa signification ou ses évocations possibles auprès d’un panel de confiance.

3

| Logo trop simple

La ligne est ténue entre simplicité design et pauvreté désertique, si ténue qu’il est complexe de trouver un bon exemple, car tout dépend finalement de l’environnement graphique qui a été pensé (ou non) autour du logo. Cette simplicité devient design si vous avez développé un univers en cohérence avec le logo – composé ici en Helvetica – ou rester un aveu de faiblesse si tout n’a pas été bien pensé.

Conseil de graphiste : difficile de donner un conseil car c’est sûrement le point le plus complexe à maîtriser. Consultez ce lien pour voir comme il est possible de faire du design avec du simple.

4

| Logo typographiquement discordant

Là il n’y a pas d’excuse. Même avec la meilleure des typos lorsqu’elle est mal utilisée, on obtient un logo tout à fait discordant. J’ai en l’occurrence composé ce ‘logo’ avec du ‘Comic sans’, loin d’être la meilleure des typos, car honnie chez les graphistes, car elle est très employée pour tout et n’importe quoi alors que son trait est puéril. Elle dénote la plupart du temps un non-choix.

Conseil de graphiste : jetez votre catalogue Dafont et votre liste de typos Word et choisissez vos fontes judicieusement.

5

| Logo mal interlettré

Ce point là est plus complexe à déterminer. Il provient la plupart du temps d’une typo bas de gamme (ce qui n’est pas le cas dans l’exemple : j’ai volontairement déformer l’interlettrage) qui dispose d’un espace non régulier entre les lettres (on parle d’approche par paire).
Cet interlettrage de mauvaise qualité peut provoquer des difficultés de lecture (donc des difficultés de mémorisation de votre logo) ou même des contre-sens si cette rupture se porte sur deux termes qui ont isolément un sens.

Conseil de graphiste : ne choisissez que de fontes de grande qualité pour composer vos logos. Vérifier si l’approche des lettres de votre logo est correctement réglée.

6

| Logo pompé

Nul besoin de s’appesantir : copier n’est pas jouer (on dit normalement « souffler », mais ça marche aussi). Cela desservira à plus ou moins long terme votre projet ou votre entreprise, en lui donnant à minima une bien mauvaise image, ou (pour les plus ambitieux, et si vous copiez de plus gros poisson) en vous familiarisant bien contre votre gré au monde de la propriété intellectuelle et des risques d’enfreindre ses lois.

Conseil de graphiste : n’essayez même pas, d’autres l’ont fait avant vous.

PS : ce conseil vaut également pour les « artisans » et « créatifs » qui piquent les images de cette page pour créer leur contenus et prodiquer des conseils très très proches.

7

| Logo qui trop embrasse

… mal étreint !

Cette tentative de fourre-tout est parfois une volonté du client ; il ne faut pas alors y succomber. Le logo n’est pas là pour tout contenir, mais pour évoquer l’essence de votre activité, comme une impression, une trace presque subconsciente. Il peut être riche en évocation, mais en évocation seulement, et non en démonstration.

Conseil de graphiste : dosez vos effets et ne donnez que l’essentiel.

8

| Logo arlequin

Outre le souci manifeste de design, un problème se posera également lors de l’intégration sur un support de communication : les couleurs présentes ci-dessus ne pourront être imprimées (car elles appartiennent à un espace colorimétrique RVB). On touche néanmoins plus a un souci de bon goût et de maîtrise que de chose à ne pas faire, car des entreprises comme Technicolor par exemple, se sont prêté à cet exercice avec succès.

Conseil de graphiste : utilisez les outils d’assemblage des couleurs que je préconise sur ma pages des outils préférés.

logo-erreurs à éviter
9

| Logo Microsoft Word

C’est le stade zéro de la création (mon splendide logo ci-dessus ne l’exprime-t-il pas ?). Utilisez un clipart, outre la qualité de celui-ci, n’est pas assez différenciant pour votre entreprise ou votre projet et n’est pas du tout indiqué pour créer un logo (clipart ≠ logo). Vous travaillez également sur un logiciel non vectoriel (voir point suivant) et dans un univers RVB en non CMJN. Le choix de typo est enfin plus qu’indigent par défaut (la splendide Comic sans sera présente dans la liste)

Conseil de graphiste : Paint est un meilleur choix que Word…C’est dire !

10

| Logo non vectoriel

Voilà une nouvelle considération technique à laquelle vous regretterez ne n’avoir pas été familiarisé si votre logo n’est pas vectoriel. Loin d’être un truc de spécialiste, la qualité vectorielle de votre marque vous permet de l’exprimer sur tout support et à toute taille sans aucune perte de définition. Le logo que vous découvrez ci-dessous a été fait sous Photoshop puis manipulé plusieurs fois (un changement de taille et des enregistrements successifs auront le même impact). Vous devez avoir en votre possession des fichiers .ai, .eps ou pdf avec du contenu vectoriel (zoomer à 1000% : si la qualité reste la même, votre logo est vectoriel).

Conseil de graphiste : interrogez votre prestataire : il doit travailler avec Illustrator, Indesign ou Inkscape, et non Photoshop

11

| Logo cheap

Fuyez l’échoppe cheap ! Méprisez les choix typographiques pauvres. N’hésitez pas à investir quelques kopec dans l’achat d’une fonte premium de qualité. La typo utilisée en l’occurrence est de la papyrus, une autre typo à éviter dans vos productions graphiques (même si vous êtes égyptologue).

Conseil de graphiste : cf le conseil #4

12

| Logo ombré et ou en dégradé

Il ne faut jamais ajouter un ombrage sur un logo, car il procure la plupart du temps un résultat désastreux lorsqu’il est reproduit avec moins de couleur ou en photocopie par exemple. Concernant le dégradé, il y a cependant plusieurs écoles. Celles qui ont créées le logo du TGV (qui évoque un escargot lorsque placée à l’envers) ou de la SNCF ou encore d’Instagram, et les autres. Je suis personnellement d’avis que la sobriété est toujours préférable, et moins gadget qu’un dégradé multicolore….mais c’est mon point de vue et non une faute de style.

Conseil de graphiste : soyez sobre pour que votre logo soit fidèlement reproduit

13

| Logo mal balancé

Un logo est comme un véhicule tout terrain : robuste, rustique, et en mesure de s’exprimer quel que soit le terrain sur lequel il est posé. Négliger la lisibilité en noir et blanc ou alors sur une carte de visite est une erreur qui fait que votre logo n’en n’est plus vraiment un.

Conseil de graphiste : testez votre création sur tout support, et dans différents univers tels qu’un cellulaire vs. une affiche grand format, ainsi que dans différentes conditions d’impressions.

14

| Logo aux lettres étirées

Étirer les lettres horizontalement ou verticalement est une erreur de débutant qui provoque des effets très inesthétiques. Chaque lettre a été pensée pour occuper une certaine échelle. Aller au delà de l’échelle préconisée rompt l’équilibre de la lettre. Cela peut paraître un point de vue de cuistre, mais respecter ces règles, c’est avant tout penser à la lisibilité de sa marque.

Conseil de graphiste : si vous désirez un aspect étiré pour vos caractères, utilisez des fontes étirées ou ‘extended’, comme l’Helvetica Neue extended qui a déjà été prévue à pour cela.

miam
BONUS : 15

| #WTF

Une 15e erreur s’est glissée dans les commentaires ; saurez-vous la retrouver ? L’erreur est également sur le site de la personne qui commente (ci-dessous), en proposant des logos à 29€99 ! (soit + ou – 13€ de bénéfice après les charges).

Conseil de graphiste : un logo est la somme concentrée de votre projet ou de votre activité. Sans étude et réflexion préalable, un logo acheté tout fait ne sera qu’une coquille creuse.

2 réponses
  1. Logasteur
    Logasteur dit :

    Bonjour
    Merci pour votre article
    Jetez un coup d’oeil sur https://www.logasteur.fr/ [NDLR : l’adresse a été changée – mais pas l’orthographe -, parce qu’il ne faut pas charrier non plus, mais vous pourrez consulter le site en enlevant le u]
    Vous pouvez créer vos logo gratuitement, pas besoin d’embaucher un designer.
    Ou vous pouvez vous inspirer en regardant les logos dans la galerie.
    Fablionely

    Répondre

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